Comme à chaque fois que je me connecte, je vais faire un tour sur les journaux que je préfère sur JI.com et JEL.com.
Je parcours le journal de Maya, et je reste interloquée par ce que je lis. Un malheur qui s'abat sur elle me révolte. Sans la connaître réellement, lire son journal me permet de me sentir proche d'elle.
J'ai peur pour elle, comme on peur pour elle ses très nombreux lecteurs.
Pourquoi la vie s'attaque à des personnes jeunes? Pourquoi Priscilla, tuée par un train il y a deux ans? Pourquoi Axel, trop triste de vivre? Pourquoi, Fred au coeur trop fragile, parti avec les anges au printemps?
Pourquoi?
Pourquoi on ne se rend compte de la valeur de la vie que lorsqu'on s'aperçoit de sa fragilité?
Il y a deux ans,un samedi matin, en me tâtant le cou machinalement, je découvre une boule. Je préviens mes parents, qui décide que je ferai des examens dès le lundi. Je passe le week end à flipper, à m'apercevoir à quel point je ne veux pas mourrir, à quel point je veux vivre et découvrir tout ce que je ne connais pas. Avant cela, je me disais que je préfererai mourrir que de ne pas avoir d'enfant. Et là, je découvre que tout, mais pas mourrir. Être aveugle, handicapée mais pas mourrir.
Les examens ont révélé que cette boule était bénigne et que avec des médicaments à vie, je vivrai aussi longtemps que tout le monde.
Mais cette peur ne m'a pas quitté. J'ai une peur atroce de vieillir, de mourrir. De découvrir que je peux avoir une maladie mortelle.
D'où ma trouille d'avoir 20 ans. Cette anniversaire m'a rappelé que je bascule de plus en plus dans le monde des adultes et que je me rapproche chaque jour de ma mort...
Et j'ai peur...
Si jamais Maya lisait ces lignes, je lui envoie tout mon courage. Je lui souhaite de tout coeur un bon rétablissement.
Quand les hommes vivront d'amour...